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AMERIQUE LATINE > NICARAGUA
Le Nicaragua fut peuplé à la fois par les Mayas et les Nahuas qui occupèrent la dépression centrale et par les Miskitos (ou Mosquitos), les Ramas et les Sumus qui s'installèrent sur la côte de la mer des Caraïbes.
En 1502, Christophe Colomb prend possession, au nom du roi d'Espagne, de l'embouchure du río San Juan. Conquis en 1522-1524 par l'Espagnol Gil González Dávila, le Nicaragua doit son nom au chef indien Nicarao, qui devint l'allié des envahisseurs de son territoire.
Les débuts de l'occupation espagnole sont marqués par les luttes des conquistadores entre eux et, en 1570, la petite colonie du Nicaragua est placée sous la dépendance du Guatemala.
Après l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique centrale en 1821, le Nicaragua est rattaché au Mexique (1822-1823), puis à la Fédération d'Amérique centrale jusqu'en 1838, date à laquelle il devient une république distincte. Le jeune État est agité par les rivalités politiques qui opposent les provinces de Granada et de León.
En 1855-1857, un aventurier nord-américain, William Walker, s'empare du pouvoir.
En 1912, les «marines» des États-Unis débarquent et occupent le Nicaragua jusqu'en 1933. En 1937, Anastasio Somoza instaure, avec l'appui des États-Unis, un régime dictatorial. Il est assassiné en 1956 et son fils, Anastasio Somoza junior, lui succède. Il est chassé du pouvoir en juillet 1979 par le Front sandiniste de libération nationale (organisation d'extrême gauche créée en 1961), qui forme un gouvernement de reconstruction nationale. Le Nicaragua est alors affaibli par quarante années de dictature et par une guerre civile qui a ruiné le pays et fait 500 000 victimes. Daniel Ortega, un dirigeant sandiniste devenu chef du gouvernement, proclame l'état de siège en 1982. La légitimité du régime sandiniste est affirmée en 1984 par des élections qui le portent à la présidence. Au cours de cette période, les sandinistes lancent une réforme agraire, ils développent les fermes d'État et distribuent les terres sous-exploitées à des coopératives. Mais progressivement le gouvernement se durcit. Cette évolution divise les révolutionnaires
Parallèlement, les autorités se heurtent aux Indiens Miskitos qui refusent le centralisme et s'opposent à la présence des militaires sur leurs terres. La défense nationale absorbe 50 % des ressources du pays, pour faire face à la guérilla antisandiniste des contras financée par les États-Unis qui ont suspendu leur aide en 1981. La livraison de matériel soviétique accentue encore les tensions avec les États-Unis qui décrètent l'embargo commercial. Entre 1985 et 1988, Ortega suspend les libertés fondamentales.
En 1987, le Nicaragua signe avec quatre États (Costa Rica, Guatemala, Honduras et Salvador) un accord de paix. En 1989, le président Ortega annonce des élections libres. Tenues le 25 février 1990, elles entraînent la défaite des sandinistes et la victoire de Violeta Barrios de Chamorro (épouse d'un leader de l'opposition assassiné en 1978)